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Conférence "Ressources Marines"

Le Thème :

« Quel avenir pour les ressources marines en Cornouaille ? Une conférence pour mieux comprendre les ressources marines, leur valorisation, leur évolution et leur préservation. Un pêcheur, un scientifique et un entrepreneur réunis pour partager leurs observations et analyses sur les ressources marines et leur(s) avenir(s) :

  • Entreprise : Benoit Quéguiner est chercheur et fondateur d’un bureau d’étude proposant expertise et conseil aux entreprises (identification et extraction de composés actifs issus des algues) http://www.algaia.com

  • Coordination scientifique : Pierre Mollo Enseignant/Chercheur, (Anciennement au CEMPAMA - Centre d'Etude du Milieu et de Pédagogie Appliquée du Ministère de l'agriculture de Beg Meil). Il est à l’initiative de l’Association Plancton et Innovation http://www.plancton-du-monde.org »

le jeudi 8 décembre 2016

 

Introduction, film de Philippe Deru sur les acteurs de la pêche côtière


Ce film présenté par Pierre Mollo, met en évidence le lien entre les pratiques des agriculteurs, des
pêcheurs et la qualité des eaux marines. Il montre à quel point la pollution des eaux perturbe la
reproduction des micros algues et engendre l’incapacité des alevins à se nourrir dès le premier stade de leur développement.

 

Interventions des conférenciers


Pierre Mollo – Enseignant/Chercheur 2 , à l’initiative de l’Association Plancton et Innovation 3
Afin de s’adapter aux variations et raréfactions de la ressource marine, il serait nécessaire de
développer des bateaux polyvalents, pourtant l’Europe continue d’imposer des bateaux génériques
ultra spécialisés. Par ailleurs, en Cornouaille, le développement de projets d’aquaculture,
d’algoculture pourrait avoir des résultats très positifs et le territoire devrait développer son potentiel
et devenir exemplaire dans le domaine. Pour cela il faudrait valoriser les nombreuses expériences et expertises existantes sur le territoire, les savoirs et les initiatives intéressantes sont présents et
devraient être davantage pris en compte pour aider à la gestion de la ressource marine et favoriser le développement économique local. De plus, une plus grande sensibilisation devrait être faite auprès des plus jeunes, en valorisant leur curiosité naturelle et capacité à comprendre des concepts, pour qu’ils comprennent les enjeux liés à la ressource marine et les potentialités existantes (à travers le soutien aux classes de mer par exemple). Le problème étant la ressource, s’il n’y a plus de ressource, qu’aurons nous à transmettre ?

 

Eric Corbel – pêcheur membre de l’association « les ligneurs de la pointe de Bretagne 4 »
Cette association promeut une pêche artisanale, durable et raisonnée en Bretagne. Elle certifie que
le poisson a été pêché à la ligne et assure la défense de l’intérêt des ligneurs. L’espèce cible est le
bar, mais peut aussi être le lieu, le merlan, etc. Les techniques de pêche privilégiées sont la palangre, la cane, la ligne. De façon générale, une diminution de la taille des plus gros poissons a été remarquée. Des cycles de reproduction semblent perturbés (la cabillaud était pêche il y a plusieurs années puis plus rien ; des églefins ont été présents pendant deux ans puis disparaissent, etc). La zone de pêche a dû être étendue pour s’adapter aux évolutions et à la raréfaction de la ressource, la zone pré-valorisée ne permettant plus aux pêcheurs de travailler correctement. De plus, une plus grande mobilité de la part des pêcheurs a été requise et les techniques de pêche ont dû évoluer en conséquence. Les ligneurs et palangriers utilisent certes des techniques plus respectueuses de la ressource car elles ciblent spécifiquement les espèces recherchées et les quantités prélevées restent raisonnables. Cependant il est utopique de penser pouvoir restreindre les techniques de pêche à celles-ci exclusivement. Des discussions sont en cours pour faire évoluer la législation relative au Sud du 48 ème parallèle limitant la ressource ponctionnée à 2,5 tonnes, tandis qu’il en faudrait 10 tonnes pour vivre à deux d’un même bateau. Dans ce cas, la seule alternative est de diversifier la ressource, mais les autres poissons étant moins chers il faut alors en pêcher en quantité plus importante pour combler le déficit.

 

Xavier Hamon – restaurateur « le comptoir du théâtre 5 » à Quimper
Xavier est aussi coordinateur du réseau national Slow Food des chefs français 6 et membre du réseau local les Palais de Cornouaille 7 . Il développe dans son restaurant quimpérois un concept de cuisine responsable, en encourageant les aliments issus de l’agriculture locale et respectueuse du milieu. Il promeut le retour au métier de restaurateur en valorisant le lien avec les producteurs, les pêcheurs dans la lignée du mouvement « Slow Food », « Slow Fish ». Cela intègre une vision systémique de la solution alimentaire, ne considérant pas que l’on soit simplement restaurateur, producteur ou consommateur, la façon de cuisiner devant tout intégrer et partir davantage de la ressource disponible. Celle-ci est sélectionnées en fonction de sa qualité gustatives en lien avec des modèles de productions axés sur le respect de la terre (au-delà du label « bio ») et qui a du sens pour le territoire.
Pour cela il est nécessaire de réapprendre à cuisiner en fonction de la production disponible
valorisant ainsi l’existant, mettant en valeur l’histoire et les potentialités du territoire. Pour cela il
faut réinterpréter son quotidien dans sa façon de cuisiner et faire preuve de créativité pour se
reconnecter à ces trésors disponibles.

 

Benoit Quéguiner – Chercheur en biotechnologie marine, fondateur du bureau d’étude « Algaia 8 »
Ce bureau détude en recherche et développement propose expertise et conseil aux entreprises pour valoriser les algues, à travers l’identification et l’extraction de composés actifs issus des algues. Ces analyses de composés d’algues permettent d’aider à developer des produits dans le domaine de l’agro-alimentaire, de la santé (anti-oxydants utilisés dans la prévention contre le cancer), du cosmétique ainsi que de répondre à des problèmes de société (algues qui posent des problèmes sur le littoral). Des recherches sont également menées pour améliorer l’éfficience des process industriels. Des projets de production de macro-algues à travers des systèmes intégrés sont également à l’étude afin de valoriser plusieurs types d’algues simultanément. Il fait remarquer que le cadre réglementaire en France ne favorise pas le développement de tels projets innovants :
l’attribution de licences pour des systèmes de production intégrés n’est actuellement pas distribué
en France tandis qu’il l’est au Portugal et bien ailleurs offrant des résultats très positifs. La
consommation d’algue est encore très faible dans notre culture, tandis que dans d’autres parties du
monde cela s’intègre à la consommation quotidienne.

 

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